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Témoignages 2001

« Penser global, agir local... »

Pierre-Antoine NOEL :

Impression du voyage au Cameroun

Après une escale à Douala nous arrivons à Maroua (3ème plus grosse ville du Cameroun) par avion. Cette ville se situe au nord du Cameroun à la frontière du Tchad.

Nous avons été accueilli par des applaudissements, ne sachant pas qu'ils étaient destinés au PAN (Président de l'Assemblée Nationale). Il venait présider la fête des jeunes à Tokombéré le lendemain ; le village où justement nous nous rendions. Mme Payelle directrice de l'établissement Baba Simon situé à Proximité de Tokombéré  nous attendait.

Elle nous a conduit en voiture, croisant des vélos chargés comme des baudets, empruntant une piste jusqu'au village. C'est alors que j'ai découvert ce qu'était le pays. Une opposition totale entre la partie sud, du Cameroun, industrialisée : Douala et Yaoundé et la partie nord très en retard sur l'évolution. Cette différence divise le pays en deux.

Dès notre arrivé un accueil chaleureux nous attendait : élèves très intéressés par notre présence. Les élèves en uniformes nous ont reçus très respectueusement dans les classes. Ceux-ci habitant loin de l'établissement Baba Simon vivent en communauté dans des sarrés aux alentours plus ou moins proche du Lycée. Ils nous y ont invités et nous nous sommes rendus compte de la manière dont ils vivaient. Ne se nourrissant que de Mil, ils nous ont proposé de se joindre à leur repas. Même si il n'avait que peu de ressources ils voulaient néanmoins partager. Ces élèves étaient très demandeurs de notre mode de vie en France.

Ils sont privilégiés dans leur pays car ils accèdent à la culture et voudraient contribuer au développement de leur pays. Les cours similaires aux nôtres ne sont pas que théoriques mais aussi pratiques : élevage d'animaux en bergerie, menuiserie, culture de végétaux, atelier mécanique, couture, maçonnerie.

Ce voyage m'a beaucoup apporté : ces élèves très attachants attendent beaucoup de nous pour les aider à devenir autonome. Il faut réagir pour les aider dans ce sens.

Cependant  je me suis senti mal à l'aise d'avoir autant de possibilités qu'ils n'ont pas. Ce voyage m'a fait prendre conscience des différences entre les existences des êtres sur terre. Ce sentiment n'est ressenti que dans le pays et ne peut être transmis par les médias.

 

 




Daniel KORNMAN :

Genèse du projet

En 1997 j'ai eu l'occasion de participer à une réunion de présentation du projet TOKOMBERE. Suite à cette réunion Pierre PELLÉ a reçu Nicole PAYELLE au lycée Teilhard de Chardin pour discuter de ce que l'établissement pouvait faire pour le collège BABA SIMON.

Nous avons proposé à Nicole de lui envoyer des ordinateurs en bon état de fonctionnement mais inutiles au lycée car obsolète pour une bonne application de nos programmes. Nous lui avons même suggéré de mettre en place une télémaintenance en utilisant une connexion INTERNET.

Nicole nous a regardé avec étonnement et nous a dit simplement que l'informatique était loin de ses préoccupations et qu'elle avait besoin de cahiers, de livres et de matériels pour les laboratoires. Quant à INTERNET et même un téléphone, il n'y avait même pas lieu d'y rêver.

Deux ans plus tard, dans le même bureau avec les mêmes personnes, le discours était tout autre :
- les professeurs réclamaient des ordinateurs
-parmi eux, deux étaient déjà utilisateurs dans les bureaux pour des tâches comptables et de secrétariat et étaient prêt à recevoir une formation à la maintenance de premier niveau
-une coopérante, professeur de physique, avait elle aussi des compétences dans l'utilisation d'un ordinateur

Autrement dit, si notre offre tenait toujours, le collège BABA SIMON était prêt à la recevoir.

 

 

Nous nous sommes mis d'accord avec Nicole sur 8 ordinateurs et trois imprimantes ( 2 LASER et une jet d'encre), ainsi que des régulateurs de tension électrique pour protéger le matériel.

 

Nicole nous indiqua que de son côté elle envisageait la construction ou la transformation d'un bâtiment pour recevoir le matériel. En effet, en raison des conditions climatiques de TOKOMBERE il était nécessaire de mettre en place l'air conditionné ainsi que des vitrages hermétiques à la poussière.

La préparation , l'expédition et le dédouanement du matériel se passèrent sans incident notable et en février 2000 Pierre PELLE, deux élèves et moi même débarquions à TOKOMBERE après un voyage sans histoire.

La première semaine fut consacrée à l'installation du matériel. Il avait parfaitement voyagé, lui aussi, et tout fonctionnait correctement. Seule l'électricité manqua un peu le rendez-vous, mais le passage éclair de l'électricien remis tout en ordre.

CHELIE et DJONWE, les deux administratifs, furent les premiers à prendre en main les nouveaux ordinateurs. Leur joie était grande et faisait réellement plaisir à voir.

Ils voulaient tout faire, tout comprendre et rentabiliser au maximum ma présence parmi eux. Je les initiais donc à la maintenance d'un poste informatique. L'objectif étant qu'ils soient capable de réinitialiser complètement un poste présentant des problèmes. Au bout de 3 jours l'objectif était atteint et ils pouvaient envisager de continuer à faire fonctionner le matériel dans de bonnes conditions.

Quant aux autres enseignants, ils piaffaient d'impatience. Tous attendaient le début de la semaine suivante, semaine d'examen blanc pour les élèves du collège et semaine d'initiation à l'informatique pour tout le corps enseignant.

TOKOMBERE a beau être au bout du monde, les enseignants étaient parfaitement informés des utilisations pédagogiques possibles de l'informatique.

TOKOMBERE a beau être au milieu de nulle-part, les professeurs connaissaient INTERNET même s'ils n'avaient jamais surfé sur le WEB.

C'est donc avec une motivation incroyable qu'ils se jetèrent littéralement sur la formation que je leur proposais :
- une initiation au traitement de texte
- une initiation au tableur
- une découverte d'INTERNET à partir de sites WEB aspirés et stockés sur le disque dur des machines.

Bien sur, une semaine, ce fut extrêmement court même s'il était souvent difficile de les arracher des ordinateurs pour manger à midi et s'arrêter le soir. Mais au bout de cette semaine l'enthousiasme était toujours là, et les projets de continuation de formation, en utilisant les compétences des plus avancés, fleurissaient de tous côtés.

La gestion de l'accès à la salle commençait même à être un problème qu'il fallait régler d'urgence tellement les demandes étaient nombreuses.

J'ai su par la suite, que même si l'intérêt avait décru pour certains, pour les plus nombreux il ne s'était pas démenti et que les progrès avaient été constants et spectaculaires.

 

J'ai appris également que les élèves de Première et de Terminale peuvent maintenant recevoir une initiation au traitement de texte et à la comptabilité dans le cadre de leurs études.

Cela fait certainement des élèves de BABA SIMON, les plus compétents en informatique de tout le Nord Cameroun !!

Je tiens à remercier toute l'équipe éducative du collège BABA SIMON pour leur accueil, leur gentillesse et leur enthousiasme et surtout pour m'avoir donné la chance de me sentir aussi utile. Rarement au cours des années que j'ai passé à enseigner, que cela soit à des élèves, des apprentis, des jeunes en stage d'insertion, des enseignants, des médecins, du personnel comptable ou administratif dans des établissements ou des entreprises j'aurai eu autant le sentiment d'oeuvrer pour l'homme.

 

 


 


Pierre PELLE :

Le collège Baba Simon est à la fois de notre temps et hors du temps.  La conception du temps est bien ce qui diffère le plus L'européen de l'Africain. « Pour les européens le temps vit en dehors de l'homme, pour l'Africain le temps est une catégorie plus ouverte, plus élastique ».

Aussi l'implantation de l'outil informatique, dans un lieu qui paraît si éloigné de nos contingences occidentales, peut paraître bien dérisoire.  Et pourtant le projet du Lycée Teilhard de Chardin de contribuer à l'implantation de cet outil dans un tel contexte vise à ne pas « décrocher » des évolutions du monde actuel une population dont les préoccupations premières demeurent, au premier abord, bien éloignées de tels soucis.

Fournir et mettre en place du matériel, mais aussi accompagner, par la formation une équipe pédagogique, tel était le sens de notre démarche.  Constater l'attente que celui-ci à susciter et le désir d'apprendre et de maîtriser cet outil fut certainement notre plus grande satisfaction.

Au cours de ce séjour de deux semaines nous avons pu mesurer la globalité du projet Tokombéré au travers de ses aspects sanitaire, agricole et éducatif. Comment ne pas prendre la pleine mesure de cette volonté de développement dans ses dimensions économique, collective, personnelle et spirituelle. Associer Tradition et Modernité afin de ne pas perdre ses racines, sans se couper de l'avenir, c'est certainement le principal enseignement que nous retiendrons de notre séjour.  Intégrer le fait que l'on ne puisse laisser sans lendemain une telle initiative est ce que nous devons garder présent à l'esprit afin de contribuer à la mise en oeuvre d'un développement durable.